Euxton Caraboot : la Mini idéale pour le camping !

Au milieu des années 60, la folie Mini s’empare de tous les styles et tous les artisans y apportent leur touche, jusqu’à Euxton qui la transforme en camping-car… démontable !

Caraboot, le camping-car qui cache un bateau !

Un rare camping-car démontable à six roues de 1964, construit par Euxton Coachcraft Ltd dans le village d’Euxton, dans le Lancashire, combinant un fourgon Mini BMC 850 cm³, une caravane et un bateau retourné sur le toit. Ainsi, ce Caraboot transforme la Mini en une bulle nomade : caravane coulissante, cuisine intégrée et même un canot sur le toit, pour des escapades où l’ingéniosité rime avec poésie.

© Courtesy of MaximumMini.blogspot.com

Le Caraboot, c’est l’idée folle d’un temps où l’audace se bricolait à la main : une Mini Van métamorphosée en caravane coulissante, coiffée d’un canot prêt à glisser sur l’eau. Imaginez une coque en plastique renforcé qui s’ouvre comme une huître, révélant un intérieur compact mais complet et la promesse d’un voyage sans hôtel et sans chichi. Présenté en 1964 comme le nec plus ultra du confort nomade, il proposait quatre couchages, une table pour partager un repas et une petite cuisine, le tout dans un écrin qui sentait bon la nostalgie.

La mécanique restait celle du petit 850 cm³ d’origine, modeste mais vaillante, qui poussait l’ensemble à destination sans se soucier de l’encombrement total du chargement. Sur la route, le Caraboot n’était pas un bolide : il avançait comme on prend le temps de regarder le paysage, en savourant chaque montée et en acceptant les limites du moteur. Et pourtant, partout où il passait, il attirait les regards, provoquant sourires et questions… laissées sans réponses. Car ce véhicule est l’un de ces objets qui parlent d’un monde plus simple, parfois un peu sexiste dans ses publicités d’époque, mais terriblement attachant : une époque où l’on croyait qu’un toit en plastique et un canot suffisaient à faire une aventure parfaite.

De la cuisine à la mer…

Qui peut se vanter aujourd’hui d’expérimenter la vanlife tout en ayant la certitude de pouvoir faire une escapade sur l’eau ? Le Caraboot le promet ! Et la transition de la cuisine à la mer est assez directe et frappante. À l’intérieur, l’espace est une leçon d’optimisation : un réchaud deux feux, un évier, une banquette qui se transforme en lit double, et une mezzanine au-dessus de la cabine pour deux autres dormeurs. La table pliante réunissait quatre convives serrés mais complices, prêts à se frôler les coudes entre deux gorgées de thé et un biscuit. Le canot, rangé sur le toit, se détachait pour offrir aux messieurs de l’époque une excuse parfaite pour partir pêcher en costume-cravate, scène surréaliste immortalisée par des films d’archive (en vidéo en bas de l’article).

La manœuvre d’ouverture se faisait à la manivelle : la coque coulissait vers l’arrière sur des rails, déployant un espace de vie de près de 5,5 mètres. Une fois séparé du van, le module pouvait rester au camp pendant que la Mini pouvait rejoindre un centre-ville afin de ravitailler le frigidaire. Une idée séduisante sur le papier, moins pratique sous la pluie britannique. Les six roues et la silhouette étrange faisaient du Caraboot une curiosité roulante, un petit théâtre ambulant où chaque arrêt devenait un spectacle. Les témoignages, comme celui d’un médecin australien qui l’a loué en 1969, racontent des vacances épiques à travers l’Angleterre et l’Écosse : pannes en côte, frayeurs sur des routes étroites, mais surtout des rencontres et des sourires à chaque village.

Le mythe du Caraboot

Combien de Caraboot ont été fabriqués ? Le mystère reste entier, mais les indices pointent vers un nombre infime de quelques exemplaires seulement, peut‑être deux ou trois, qui ont survécu au temps. L’un d’eux est réapparu à la vente il y a une décennie, dépouillé de son canot et fatigué par les années, puis s’est volatilisé dans l’oubli. Cette rareté confère au Caraboot un statut de licorne du camping, objet de culte pour les collectionneurs et les rêveurs.

Plusieurs carrossiers britanniques ont tenté des variations sur le thème avec la Wildgoose, Murray Caravan Company, Pickaback mais c’est bien la version d’Euxton Coachcraft qui reste la plus iconique, celle qui marie le plus joliment la Mini, la caravane et le bateau. Le film en technicolor de British Pathé en capture l’esprit : élégance décalée, tenues impeccables et un sens de l’aventure qui frôle le burlesque.

Au fond, le Caraboot incarne une idée simple et belle : partir léger, emporter l’essentiel et garder la tasse de thé à portée de main. C’est une invitation à voyager autrement, à préférer les histoires humaines aux performances pures, et à se souvenir que parfois, le bonheur tient dans un toit en plastique et un petit canot prêt à voguer.

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